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Guinée

  Un pays riche en minerais mais peuplé de miséreux, dirigé par un clown tragique, lui-même otage d'une armée de soudards. Tel est le sort de la Guinée, endeuillée par la tuerie du 28 septembre (au moins 157 morts et 1 200 blessés, fauchés dans un stade de Conakry par les balles des "bérets rouges"). Lors de son accession au pouvoir, en décembre 2008, le capitaine Moussa Dadis Camara a la cote: sa junte supplée alors le défunt despote Lansana Conté, et son purisme révolutionnaire - haro sur les corrompus et les cartels de la drogue - séduit Paris. A présent, le sous-officier, vindicatif et mégalo, qui prétend concourir lors de la présidentielle de janvier 2010, après avoir juré de s'effacer, n'amuse plus. D'autant qu'il récuse toute responsabilité dans le carnage, imputé à un "complot" imaginaire. "J'ai hérité, avance-t-il, d'une armée où le caporal peut dire merde au général." Pas faux. Brutale, indisciplinée, la troupe est tiraillée par des tensions ethniques aiguës. Issu d'une ethnie forestière minoritaire - les Guerzés - "Dadis" semble soumis aux appétits des caïds galonnés de sa caste. Lesquels recrutent en catimini d'ex-rebelles libériens ou sierra-léonais. Le salut de la Guinée, qui n'a connu que la dictature depuis l'indépendance, passe par une profonde réforme de cette soldatesque. Avec ou sans l'ubuesque "Idi Amin Dadis". Ce serait mieux sans.

Des militants exécutés, des enfants tués à l'arme de guerre et aux coups de couteau, des femmes violées publiquement et collectivement en pleine journée. Une vraie boucherie. Tel est le bilan de cette répression barbare qui replonge la république de Guinée dans un régime qualifié aujourd'hui d'État SAUVAGE. C'est plus qu'un retour en arrière de 50 ans. C'est l'apologie de la barbarie.

 

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