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Pourquoi Frédéric Kolié, Idrissa Chérif, Moussa Keita, Boubacar Barry et Chérif Diaby ont été mis à la touche

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Les extrémistes à la touche, les raisons d’une chute fatidique ! Le Premier ministre, Jean Marie Doré, a enfin publié, le 15 février 2010, la liste des membres de son gouvernement, après 21 jours d’intenses tractations. Sur les 34 retenus, 11 sont issus de la précédente équipe gouvernementale, le plus souvent des modérés. Cependant, d’autres caciques du capitaine Dadis Camara ont été mis à la touche. Les raisons expliquant la chute fatidique de ces faucons, cassés dans leur carrière gouvernementale.

Ces ministres concernés sont les suivants : le très volubile Idrissa Chérif (Communication au près de la Présidence de la République et du ministère de la Défense nationale), puis Alexandre Cécé Loua (Affaires Etrangères et des Guinéens de l’étranger), Frédéric Kolié (MATAP), Boubacar Barry (Aménagement du Territoire, Construction et Habitat), colonel Moussa Keita (Secrétaire Permanent du CNDD) et enfin le Colonel Abdoulaye Chérif Diaby (Santé et Hygiène Publique).

 

Communication : Idrissa à la touche, enfin la délivrance !

 En premier lieu, s’agissant de la suppression du ministre de la communication au près de la présidence, Idrissa Chérif, c’est une opération de salubrité publique assez salvatrice, tant l’homme s’était illustré dans l’extrémisme et le radicalisme : tançant l’opposition radicale, accusant Paris, vilipendant la communauté internationale et intervenant sur presque tous les sujets, et de fois sans gants.

 

Il parlait, n’importe où et n’importe quand. La manifestation de l’opposition est réprimée dans le sang par l’armée, le 28 septembre, Idrissa Chérif a son mot à dire sur RFI. Dadis Camara est blessé, notre fameux ministre voit la main de la France, qui visait son patron. L’ancien PM, Kabinet Komara, lui intime de se taire, il multiplie ses attaques contre Bernard Kouchner et Paris. Sékouba Konaté révèle l’état de santé exact de Dadis Camara, Idrissa Chérif dément cette information, et soutient que Dadis est bien portant et que son retour à Conakry est imminent. Quel destin tragique pour cet homme venu de nulle part et qui s’était retrouvé par la force des intrigues du Palais ?

 

Si sûr du règne éternel de la junte, il n’a pas senti le vent du changement souffler de Ouagadougou vers Conakry. L’homme si volubile et si visible hier, devient de plus en plus rare aujourd’hui. Il ne parle plus et n’apparaît pas, non plus. Nul ne sait ce qu’il est devenu, lui qui a été accusé par les syndicalistes d’être un burkinabé ou ivoirien. Une chose est évidente, son renvoi est une délivrance.

 

MATAP : Frédéric Kolié renvoyé, un coup d’éclat !

 

En ce qui concerne les ministre chargé de l’organisation des élections, Dr Frédéric Kolié, son remerciement était attendu, tant l’homme s’était illustré dans la prise de décisions assez critiquables, du genre une justice à deux vitesses. A titre d’exemple, en juin 2009, il a annulé la tournée de Cellou Dalein Diallo en Haute Guinée et celle de Lounceny Fall en Basse Guinée. Il était allé jusqu’à limiter les activités des partis politiques seulement au sein des sièges. Mais au même moment, il avait fermé les yeux sur les mouvements de soutien, organisés ça et là, en faveur de Dadis Camara.

 

En fin septembre 2009, il avait également annulé toute manifestation politique dans tout le pays, alors que l’opposition radicale s’apprêtait à exprimer sa ferme hostilité face à la candidature de la junte militaire aux futures élections au stade de Conakry. Peu après la tentative d’assassinat physique dont Dadis Camara avait été la cible, Férédric Kolié avait aussi interdit toute manifestation à caractère politique dans tout le pays et jusqu’à nouvel ordre. Mais il avait aussi fermé les yeux face aux manifestations anti- françaises enregistrées devant les locaux de l’ambassade de France sis à Kaloum, tout comme les protestations anti- syndicats enregistrées à la Bourse de Travail, sise à Boulbinet, sous fonds d’injures et de slogans très irrespectueux envers les syndicalistes. Quelle justice à deux vitesses !

 

Sinon comment comprendre que les manifestants de l’opposition radicale soient violés et tués comme des mouches pour avoir bravé l’autorité, et que les manifestations des pro- Dadis soient protégées par la police pour avoir violé la loi ? Où est la responsabilité dudit ministre ? Où est son sens d’équité ?

 

Palais du Peuple : Moussa Keita débarqué, le Prix du zèle !

 

S’il y a une chute fatidique qui a plu à l’écrasante majorité des guinéens, c’est bien celle du colonel Moussa Keita, qui trônait, jusqu’au 15 février, à la tête du fameux Secrétariat Permanent du CNDD et qu’un jeune leader politique guinéen qualifiait de « commandant fasciste ». Pour de nombreux observateurs avertis, la chute de ce « faucon », ou de ce « Petit Piment » est assurément le prix de l’entêtement, puisqu’il était « l’obstacle de la transition », le « philosophe » géniteur du slogan « Dadis ou la mort », tant il excellait dans la provocation et l’affrontement.

Lui qui devrait se battre pour la mise en place du Conseil National de Transition, a plutôt travaillé pour retarder le processus afin qu’il puisse durer dans le gouvernement. Installé au Palais du Peuple, il téléguidait des groupements de jeunes et de femmes, en tirant les ficelles, en vue de saper le processus de transition en marche. Avec son sourire de gros bébé et ses yeux de serpent, le colonel Moussa Keita méprisait les Forces Vives, détestait certains anciens Premier ministres et narguait la communauté internationale.

 

Nommé chef de délégation de la junte dans les différents dialogues inter- guinéens dans la capitale burkinabé, Ouagadougou, ce porte- parole exagérait dans le zèle et excellait avec les propos durs envers tous ceux qui sont censés être contre les dérives du CNDD. Au lendemain de la tentative de liquidation physique contre Dadis Camara, Moussa Keita s’était précipité à rompre unilatéralement le dialogue inter guinéen de Ouaga, sans l’avis de Sékouba Konaté. Autres bourdes, il aurait également engueulé Kabiné Komara quand il avait appris que celui- ci avait proposé Kéléti Faro, comme chef de délégation du CNDD à Ouagadougou, à son détriment.

 Et quand Dadis Camara avait été évacué au Maroc, il s’était illustré par ses agitations, au point de créer la cacophonie dans la structure gouvernementale. Quand Sékouba Konaté s’était rendu à Ouga au chevet de son compagnon d’armes, Dadis Camara, qui y poursuit sa convalescence, Moussa Keita l’avait rejoint pour exiger le retour du chef de la junte à Conakry. Un acte qui n’a pas du tout plus à Sékouba Konaté qui lui aurait dit : « Moussa, c’est toi qui veut allumer le feu, tu l’auras. Si nous étions à Conakry, j’allais te gifler » a-t- il dit. A leur retour à Conakry, le Colonel Moussa Keita avait été mis aux arrêts et gardé durant 24 heures au PM3 de Kaloum. Une « opération de ratissage » vivement saluée par nos populations. Depuis, l’ancien pensionnaire des geôles guinéennes est tombé en disgrâce. A moins un retournement de situation de dernière minute, il devrait céder son fauteuil à la syndicaliste, Rabiatou Sera Diallo, à la Présidence du Conseil National de Transition.

 

Par BAH Abdoulaye

 

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